Pourquoi la persévérance vaut plus que le talent dans les transformations RH et SIRH
Dans les projets de transformation, on parle beaucoup de compétences, d’outils, de gouvernance.
Beaucoup moins d’un facteur pourtant décisif : l’optimisme opérationnel.
Pas l’optimisme naïf.
L’optimisme qui permet de tenir quand les résultats ne sont pas encore visibles.
1) L’optimisme n’est pas la naïveté
L’optimisme n’est pas croire que « tout ira bien ».
C’est croire que l’action peut influencer l’issue.
C’est une posture d’efficacité :
Je pense que ce que je fais peut changer quelque chose, donc je continue.
On pourrait l’appeler le réalisme espérant.
Ni déni, ni positivisme forcé.
Juste la conviction que l’effort n’est pas vain, même quand l’issue reste incertaine.
2) Pourquoi l’optimisme est un facteur de réussite
Tout projet structurant — transformation RH, refonte SIRH, réorganisation — traverse des phases où :
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les résultats ne sont pas encore là,
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l’effort précède la preuve,
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les résistances apparaissent avant les bénéfices.
Dans ces moments, ce qui fait tenir n’est pas :
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le niveau d’expertise,
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ni l’énergie initiale,
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ni la qualité du business case.
Ce qui fait tenir, c’est la capacité à continuer malgré l’incertitude.
L’optimisme est l’énergie de la durée.
Sans lui : arrêt.
Avec lui : persévérance → ajustement → progression → résultat.
3) Ce que disent les travaux sérieux (et convergents)
Les recherches académiques sont claires et remarquablement alignées.
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Martin Seligman — Optimisme appris
L’optimisme est un style explicatif : la manière dont nous interprétons les événements.
Ce style augmente la capacité à rebondir après l’échec.
Learned Optimism (1990) -
Angela Duckworth — Grit / persévérance
Les résultats à long terme sont plus corrélés à la persévérance motivée qu’au QI ou au talent brut.
Grit (2016) -
Carol Dweck — Growth mindset
Voir l’effort comme une source de progrès augmente l’engagement et la réussite.
Mindset (2006) -
Charles Snyder — Théorie de l’espoir
L’espoir est un mécanisme d’orientation : quand un chemin échoue, on en cherche un autre.
The Psychology of Hope (1994)
Traduction en langage simple :
Ce n’est pas le talent qui fait la différence.
C’est la capacité à tenir, ajuster, recommencer.
Et l’optimisme facilite précisément cette capacité.
4) Le cas MetLife : quand l’optimisme devient mesurable
Le cas MetLife, étudié par Martin Seligman, est particulièrement éclairant.
Contexte
Fort turnover et performances très hétérogènes chez les commerciaux en assurance-vie.
Méthode
Utilisation de l’Attributional Style Questionnaire (ASQ) pour mesurer le style explicatif (optimiste vs pessimiste).
Résultats clés
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Les commerciaux les plus optimistes vendaient environ 37 % de plus sur leurs deux premières années.
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Les profils pessimistes quittaient l’entreprise près de deux fois plus.
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Les 10 % les plus optimistes vendaient jusqu’à 88 % de plus que les 10 % les plus pessimistes.
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Des profils très optimistes, recalés aux tests d’aptitude classiques, ont surperformé les profils standards de :
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+21 % la première année
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+57 % la deuxième année
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Pourquoi ça fonctionne
Les optimistes interprètent les échecs comme :
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temporaires,
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spécifiques,
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contrôlables.
Ils encaissent mieux le refus, apprennent plus vite et persévèrent là où d’autres décrochent.
5) La formule clé (transmissible, mémorisable)
L’optimisme, ce n’est pas croire que ça va marcher.
C’est croire que ça vaut la peine d’essayer.
6) Ce que cela dit de la pratique Hey Hr !
Chez Hey Hr !, nous ne demandons jamais aux équipes « d’y croire ».
Nous faisons mieux.
Nous créons les conditions pour qu’elles puissent avancer sans assurance préalable :
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clarification du cadre,
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trajectoires lisibles,
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marges de manœuvre explicites,
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droit à l’ajustement.
C’est ce que nous appelons l’engagement lucide.
L’énergie d’avancer, même quand l’avenir n’est pas garanti.
Et dans les transformations RH et SIRH, c’est souvent cela qui fait la différence entre un projet théoriquement bien conçu… et un projet réellement mené à terme.

